
Penn Da Benn (D'un Bout à l'autre)
Jatropha : Aider à l'autonomie énergétique des villages
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Genèse du projet
Environ 70% de la population du Burkina Faso vit de l'agriculture de subsistance.
Un
programme de lutte contre la pauvreté a été mis en place sous l'égide du PNUD, Programme des Nations-Unies pour le Développement, en 1999 : le réseau des plates-formes multifonctionnelles.
La plate-forme multifonctionnelle est constituée d’un moteur diesel entraînant divers outils tels que moulin, broyeur, décortiqueuse, alternateur, chargeur de batterie, pompe, poste de soudure, machine de menuiserie, etc...
Elle peut permettre aussi la distribution de l’eau et de l’électricité.

C'est un outil collectif au service des villageois :
- qui libère les femmes de travaux longs et fastidieux, leur confèrant des revenus supplémentaires, donc un statut plus indépendant et une responsabilité sociale et économique accrue,
- qui rend moins difficile la scolarisation des enfants trop souvent mis à contribution pour aider aux travaux journaliers.

Cet ensemble a été conçu pour répondre aux usages multiples requis dans l'économie rurale et fournir un substitut à l'énergie humaine.
Les Nations Unies demandent aux villages une participation d'environ 20% du coût total de l'équipement, ce qui correspond à environ
400 dollars dans la version de base, moteur + 2 machines.
Dans chaque village cet équipement est géré par un Comité féminin de gestion.
Depuis 2002, 120 villages ont été équipés, 70 sont en cours d'installation.
Plus de 500 villages ont effectué une demande.
La dépendance énergétique
Cet équipement nécessite bien entendu du gazole pour fonctionner.
L'achat de ce carburant tout au long de l'année pose problème à de nombreux villages.
Chacun sait que le prix du pétrole ne fera qu'augmenter dans les prochaines années, ce qui, à terme, peut menacer l'équilibre financier donc l'existence même du système des plate-forme.
En moyenne, une plate-forme fonctionne 5 heures par jour.
Sur la base d'une consommation horaire de 1,5 litres, ce sont 7,5 litres de gazole qu'il faut acheter tous les jours, soit une dépense d'environ 4 500 francs cfa, environ 7 euros, sur la base d'un prix de 600 francs cfa le litre de gazole.
Problème d'autant plus aigu, le nombre d'heures de fonctionnement du moteur augmentant lorsque les villages sont équipés d'un réseau de distribution d'eau et/ou d'électricité, dans le cadre de ce même programme de développement des Nations Unies.
Le coût du gazole représente aujourd'hui 80% des coûts de la Plateforme Multifonctionnelle.
Solution locale pour un développement local
Les villages disposent d'une source d'approvisionnement locale pour faire tourner leurs moteurs, pompes et groupes électrogènes : l'huile que l'on peut extraire d'un oléagineux qu'ils connaissent bien, le
Jatropha ou
pourghère.
Bien que cet arbuste soit connu dans la zone sub-saharienne, les villageois ne l'utilisent pas pour la production d'énergie.
Jusqu'ici, on ne s'est pas bousculé pour leur expliquer les techniques qui permettent d'obtenir un carburant à partir des graines d'un oléagineux et celles qui permettent de le substituer au gazole dans un moteur diesel.
Certains villages utilisent le jatropha comme haie vive pour protéger leurs cultures. Avec les graines, les femmes font du savon. Les feuilles sont utilisées en médecine traditionnelle. Les feuilles, l'écorce et les racines fournissent différentes teintures.
C'est un purgatif puissant. En moré, une des 2 langues les plus parlées au Burkina, le jatropha est appelé : "Wonb n'bang maan" : "Mange moi et tu me connaîtras".
Certainement à la lumière de l'expérience de quelques intrépides qui ont goûté à ses graines et qui s'en souviennent encore.
CONTACT
Jo Le Guen, chargé du volet énergétique.
00 33 (0) 66356 08 26 courriel : joleguen@vivreauvillage.org
Vivreauvillage.org