"Killer Cola"
Une exposition qui débutera à l'occasion de B Comme Reizh, évènements du commerce équitable sur Rennes et qui présentera l'ensemble des textes et photos ci dessous.
Neuro économie

Patrick Le Lay, PDG de TF1, déclare « A la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple,
à vendre son produit. Or, pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur
soit disponible. Nos émissions ont vocation de le rendre disponible. C’est-à-dire de divertir, de le détendre
pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du cerveau humain disponible. »
Guerre Marketing

Coca-Cola attache une grande importance à promouvoir une image positive de ses produits et de ses activités. La compagnie dépense quelques $2 milliards de dollars chaque année rien que dans des frais publicitaires. Selon l’entreprise, la nouvelle campagne générale - « Live on the coke side of live » - vise à rétablir le leadership de la marque en « invitant les consommateurs à dire oui dans un monde où dire non semble souvent être la réponse la plus facile ». Le « oui » est compris comme étant la nécessité d’un Coca-Cola pour y arriver.
Le sponsoring des plus grands événements sportifs fait partie intégrante de son image positive. Coca-Cola utilise beaucoup les images sportives dans ses publicités depuis sa fondation en 1886. Coca-Cola a été associé à la FIFA depuis 1974. Coca-Cola sponsorise la coupe du monde de 2006 par une campagne visant à « renforcer la vision optimiste de la marque Coca-Cola pour mettre les gens ensemble, réduire leurs différences pour construire un monde meilleur ». Ceci dit, l’association de l’entreprise avec la FIFA n’a pas toujours été sans mal. La réputation de Coca-Cola a été ternie à la coupe du monde 2002 lorsque la campagne Vêtements Propres a mis en évidence le recours à la main d’oeuvre infantile pour la confection des ballons de football Coca-Cola au Pakistan.
Le sponsoring des jeux olympiques d’hiver de 2006 a aussi été mal reçu par une partie du public. La
campagne « Make every drop count » visait à « sensibiliser divers publics aux engagements de Coca-Cola dans son business à travers le monde ». Des manifestations répétées ont interrompu la course de la flamme olympique en Italie en protestation au sponsoring écrasant de Coca-Cola de l’événement. Par ailleurs, la ville de Turin s’est déclarée « Zone sans Coca » en opposition aux pratiques de Coca-Cola en Colombie.
Les enfants constituent une des cibles principales du marketing de Coca-Cola malgré le souci croissant de l’impact de la consommation de boisson sucrée sur la santé des jeunes. Malgré le fait que Coca-Cola Grande-Bretagne prétende ne pas viser les enfants de moins de 12 ans dans ses publicités, la compagnie dispose de plus 2.400 distributeurs dans 1.600 écoles en Grande-Bretagne. Des délégués commerciaux distribuent des kits éducatifs « Soif d’éducation » indiquant comment les enfants peuvent se nourrir, surveiller leur poids et maintenir une bonne hygiène dentaire. En même temps, Coca-Cola achète du sucre pour les boissons en Amérique latine, notamment au Salvador connu pour le recours à la main d’oeuvre infantile dans les plantations.
Aux Etats-Unis, Coca-Cola vise à prolonger la durée de vie des consommateurs par un « contrat de
boisson exclusif ». Cet outil marketing donne à la compagnie l’exclusivité de la vente de services et de produits dans une école ou un district, excluant les concurrents. Si une école ou un collège accepte cet accord, des distributeurs sont installés avec des incitants pour vendre davantage de produits. Ces accords d’exclusivité ont créé des incidents ternissant l’image de Coca-Cola lorsque dans une haute école de l’Etat de Géorgie, un élève a été renvoyé pour avoir porté un T-shirt PEPSI pendant le « School’s Coke Day ».

Des universités en Europe et aux Etats-Unis tentent actuellement de bannir Coca-Cola des campus en raison de ses pratiques abusives. En décembre 2005, l’Université du Michigan a rompu son contrat avec Coca-Cola en raison de son impact environnemental en Inde et des violations des droits des travailleurs en Colombie. Cette décision a été suivie par l’Université de New York qui compte quelques 50.000 étudiants, client des plus importants pour Coca-Cola. En Angleterre, des étudiants se battent aussi pour tenter de bannir Coca-Cola de leur campus. De nombreuses assemblées étudiantes ont déjà voté pour cette mesure alors que Coca-Cola vend encore ses produits dans plus de 700 magasins d’étudiants en Grande Bretagne, avec des contrats représentant quelques £15 millions.
Un tour du Monde de la Multinationale?...
Coca à Oaxaca- LA POLITIQUE S'EN MÊLE
Coca-Cola a, à plusieurs reprises, débloqué des quantités massives d'argent pour le soutien des candidats
de PRI au Mexique. Les meurtriers de Brad Will, caméraman et correspondant d’Indymedia assassiné par des
paramilitaires à Oaxaca, ont été identifiés en tant que membres de partie de PRI. Il est bien connu que le PRI
ait été derrière la majorité des attaques paramilitaires dans cette partie du Mexique. Le gouvernement de l’Etat
d'Oaxaca est actuellement commandé par PRI. Rappelons que le travail précédent de l’ancien Président mexicain Vicente
Fox était la présidence de la Coca-Cola's Mexico and Central American division... .
Coca au Guatemala et en Colombie - La mort au syndicalisme
SINALTRAINAL
SINISICATO NACIOLAL DE TRABJADORES DE LA INDUSTRIA DE ALIMENTOS
Le Coca-Cola est la boisson non alcoolisée la plus vendue dans le monde. Ses lettres blanches sur fond rouge sont le symbole mondial de l'American Life Style et représentent les valeurs du succès capitaliste. L'histoire de cette boisson débuta en 1880 quand un colonel de l'armée sudiste des Etats-Unis, du nom de John Styth Pemberton, chimiste pharmaceutique d'Atlanta (Géorgie) et morphinomane endurci, enregistra officiellement un vin de coca, tonique et stimulant idéal, sur base de la boisson de feuilles de coca d'Angelo Mariani (du célèbre vin Mariani), fondant ensuite la Pemberton Chemical Company. Au mois de mai 1886, la pharmacie Jacobs d'Atlanta mit en vente le premier verre de Coca-Cola, boisson préparée de feuilles de coca, de noix de cola, de caféine, de quelques essences et de plusieurs huiles. Actuellement, la Coca-Cola Company utilise des feuilles de coca dans sa fameuse formule 7X, pour laquelle plus de 500 tonnes de feuilles de coca du Pérou et de Bolivie sont importées chaque année.
L'expansion mondiale de Coca-Cola fut possible grâce au comportement agressif de la transnationale au moment d'imposer la consommation de la boisson en question au-dessus de toutes les particularités culturelles des peuples.
Au moyen de stratégies publicitaires dessinées de manière perverse pour atteindre les enfants et les jeunes et d'une politique commerciale qui n'a pas hésité à utiliser la terreur et le crime comme instruments pour empêcher l'organisation et la mobilisation des travailleurs, Coca-Cola a envahi le monde et multiplié ses ventes et ses profits.

Un exemple clair de l'impitoyable et inhumaine expansion de Coca-Cola se situe au Guatemala où, depuis que le syndicat des travailleurs de Coca-Cola a commencé à se construire, en 1968 jusqu'en 1980, six de ses dirigeants ont été assassinés et quatre portés disparus.

Autre méthode criminelle utilisée par l'entreprise: l'occupation militaire d'usines et de sièges syndicaux par des corps armés de la transnationale et, dans ce cas, faisant partie de l'armée guatémaltèque. Durant une de ces occupations, le 21 juin 1980, EDGAR RENE ALDANA RUANO, travailleur de la fabrique occupée, fut torturé et assassiné.
La situation colombienne actuelle représente un autre cas exemplaire du comportement de la transnationale. En Colombie, il existe 20 usines de mise en bouteille de Coca-Cola, 17 appartenant à Panamco Colombie S.A et les autres, situées à Florencia (Caquetá), Leticia (Amazonas) et Carepa (Antioquia) appartenant à des particuliers.
Les travailleurs de ces usines sont organisés au sein du SINALTRAINAL, un syndicat du secteur de l'alimentation fondé en 1982 comme l'union de différentes organisations syndicales, bien que ses racines remontent à il y a 50 ans quand fut constitué le premier syndicat de base avec l'arrivée de la transnationale Nestlé en Colombie. Le SINALTRAINAL regroupe, entre autres, les travailleurs des transnationales Nestlé, Coca-Cola et Corn Products Corporations. Le 22 juillet 1986, HÉCTOR DANIEL USECHE BERÓN, travailleur de l'entreprise Nestle Inc. et dirigeant de SINALTRAINAL était assassiné en Bugalagrande (Valle). Depuis lors, la terreur a été la principale arme brandie par les transnationales de l'alimentation associée à l'État colombien dans le but d'intimider et détruire le syndicat.

Comme résultat de la terreur, durant les 10 dernières années, le SINALTRAINAL a vu son nombre d'affiliés baisser de 5.400 à 2.300. 14 dirigeants furent assassinés, dont 7 travailleurs de Coca-Cola et 3 en pleine négociation avec l'entreprise. 48 autres furent déplacés, 2 exilés, d'autres détenus injustement, et deux portés disparus. Les mobilisations et les protestations ouvrières ont été militarisées et, dans de nombreux cas, les escortes personnelles des directeurs et les corps de sécurité de l'entreprise ont été utilisés pour attaquer l'organisation syndicale. La législation de travail et les droits conventionnels ont été évidemment et de manière permanente violés.
La stratégie utilisée par une transnationale comme Coca-Cola, dans le but d'augmenter ses bénéfices économiques, implique une réduction des coûts de production, ce pourquoi elle effectue des licenciements massifs et essaie de saboter les droits collectifs des travailleurs.
Au cours des dernières années, Coca-Cola, Nestlé, Fruco C.P.I., Indunal S.A - propriété du parlementaire FUAD CHAR ABDALA -, Meals de Colombie et d'autres entreprises où le SINALTRAINAL a des délégués, ont licencié plus de 20.000 travailleurs - la moitié d'entre eux par Coca-Cola - en les remplaçant par une main-d'œuvre temporaire. D'autre part, des entreprises comme Coca-Cola et d'autres du secteur utilisent les Cooperativas de trabajo asociados, qui assument une partie de la chaîne productive à risque propre. De cette manière ils évitent le paiement de salaires justes et déplacent la main-d'œuvre syndicalisée et protégée par des conventions du travail. Ces mesures ont violé et empêché le libre droit d'association syndicale. L'État et les transnationales comme Coca-Cola ont déclenché une campagne de criminalisation de la protestation sociale allant de déclarations associant le syndicat aux guérillas jusqu'à des actions juridiques contre les dirigeants pour des faits de terrorisme et de rébellion, basées sur des montages et des preuves falsifiées, des perquisitions de sièges syndicaux, et récemment une action intentée par Coca-Cola contre le SINALTRAINAL pour de supposées calomnies et diffamations.

Mais le plus terrible, c'est la volonté de la transnationale à éliminer le syndicat, comme interlocuteur social, à travers les assassinats, les menaces et l'utilisation récurrente de la force et de l'intimidation. L'État colombien, complice des transnationales, n'a ni enquêté, ni jugé, ni sanctionné les responsables de telles horreurs. Au contraire il continue à accorder davantage de garanties afin que ces entreprises puissent continuer à semer la terreur et la faim par la privatisation des entreprises publiques, la création de zones franches, la pénalisation de la protestation sociale et l'imposition du Plan Colombie pour intensifier la guerre et l'élimination des organisations sociales.
Auteur : SINALTRAINAL
Le site du syndicat
Coca en Inde - LA BÊTE A BESOIN D’EAU
La production des boissons de Coca-Cola est basée sur l’accès à de vastes
ressources en eau. Il faut presque 3 litres d’eau pour faire un litre de Coca-Cola.
Cela inclut l’eau pour la boisson elle-même maisaussi l’eau nécessaire au nettoyage industriel
par exemple. Pour satisfaire ce besoin, Coca-Cola prend progressivement le contrôle de nappes acquifères
dans le monde. Ces réserves d’eau souterraines peuvent couvrir des kilomètres carrés et ont répondu aux
besoins des populations pendant des siècles. Ces réserves d’eau sont l’héritage commun de certaines
communautés. Les pratiques de Coca-Cola sont condamnées pour exacerber le manque d’eau dans des régions
qui souffrent déjà de sécheresse.

Cela a été particulièrement bien documenté en Inde où il existe des communautés en campagne contre la compagnie dans
plusieurs états du pays. Des études de cas plus poussées menées dans les états du Rajastan, de l’Uttar Pradesh, du Kerala et du Maharashtra montrent
que les activités de Coca-Cola ont un sérieux impact négatif sur la vie des paysans et des communautés
locales. Coca-Cola a installé une usine d’embouteillage dans le village de Kaladera dans le Rajastan à la fin de l’année 1999.
Le Rajastan est connu comme étant un état désertique. Kaladera est un petit village caractérisé par des conditions semi-arides. Les fermiers dépendent de l’accès à l’eau souterraine pour la culture.
Mais depuis l’arrivée de Coca-Cola, ils sont confrontés à une sérieuse baisse du niveau de l’eau. Il devient progressivement impossible d’irriguer les terres et de maintenir en place les cultures.
Cette situation mène les paysans à perdre leurs moyens de subsistance. Par ailleurs, l’eau nécessaire pour boire et se laver menace de manquer aussi.
Des villageois témoignent que l’arrivée de Coca-Cola a exacerbé une situation précaire. Des documents officiels confirment que le niveau de l’eau a dramatiquement baissé au démarrage de l’usine.
Alors que le niveau d’eau se stabilisait avant 1999, il est passé de moins 10 mètres de profondeur à moins 25 mètres de profondeur entre 1999 et 2005.
Les habitants de Kaladera craignent que le village soit abandonné vu la rareté de l’eau.
Coca-Cola réfute ces accusations en mettant l’accent sur le projet de récolte de l’eau de pluie que l’entreprise a mis en place à Kaladera. Les habitants locaux indiquent que ce projet ne fonctionne pas car Coca-Cola n’a pas entretenu le système.
Même si le projet avait fonctionné, les fermiers restent sceptiques sur le fait que l’usine puisse faire remonter l’eau au niveau de 1999.
Ce n’est pas seulement le village de Kaladera qui a souffert de la sécheresse créée par Coca-Cola. D’autres communautés en Inde vivant autour des usines d’embouteillage de l’entreprise font la triste expérience du sévère manque d’eau et de pollutions environnementales. Des paysans de la ville sainte de Varanasi dans l’Uttar Pradesh se sont plaints de la surexploitation des ressources en eau menant à une sécheresse des champs et une forte baisse de leurs récoltes. Au Rajastan et au Kerala, des villageois protestent contre l’appropriation par Coca-Cola de sources d’eau. En novembre 2004, des manifestants ont été battus et emprisonnés alors qu’ils marchaient vers l’usine de Varanasi pour demander sa fermeture.
Dans le cas de Plachimada dans le sud de l’état du Kerala, Coca-Cola a fermé une usine en mars 2004 suite au refus du village de renouveler la licence d’exploitation de la compagnie car elle surexploitait et polluait les sources locales d’eau. Quatre mois plus tôt, la cour de justice du Kerala avait déclaré illégale l’exploitation lourde de l’eau souterraine et suggérait de prospecter des solutions alternatives pour la production. Les habitants, les politiciens locaux, les environnementalistes et les scientifiques ont vécu cette fermeture comme une victoire. Ils tentent aujourd’hui d’obtenir la fermeture définitive et permanente de l’usine. En plus de la surexploitation de l’eau, des analyses ont montré que l’eau rejetée par Coca-Cola était contaminée par des particules étrangères. L’eau est par conséquent devenue impropre à la consommation humaine et même pour l’irrigation des champs. La ville de Plachimada constate que l’eau a été « ravement affectée par l’installation de puits de pompage de l’eau souterraine ».

Le rapport social de Coca-Cola indique que la compagnie gère son business de manière à « protéger et préserver l’environnement ». Or, les usines de Coca-Cola produisent
des déchets secondaires fournis comme « engrais » aux paysans locaux. Des tests ont montré qu’ils contiennent un dangereux niveau de produits chimiques toxiques tel que
du cadmium et du plomb. Au Kerala, la contamination a atteint l’eau de distribution avec des concentrations en plomb supérieures à celle autorisée par l’Organisation Mondiale
de la Santé. Les fermiers de Varanasi ont manifesté contre l’utilisation de ces « engrais » épandus dans leurs champs. Coca-Cola continue de prétendre que ces déchets ne sont pas nocifs.
En 2003, le Centre indépendant pour la Science et l’Environnement (CSE) a analysé du Coca-Cola. Les analyses ont révélé un taux de résidus de pesticides 30 fois supérieur aux standards européens.
Le taux de DDT, non-autorisé en agriculture en Inde, était 9 fois supérieur aux limites de l’Union Européenne. En février 2004, le gouvernement indien a confirmé ces résultats. Le gouvernement a
affirmé que les pratiques de Coca-Cola causent des pollutions, la raréfaction de l’eau, la réduction des récoltes et des problèmes divers de santé. En conséquence, les ministres ont banni le Coca-Cola
des cafétérias officielles. Un mois plus tard en Angleterre, lorsque Coca-Cola a voulu lancer « Dasani », son « eau du robinet purifiée », des taux de bromure carcinogène illégaux ont été découverts.
La compagnie s’est vue obligée de retirer 500.000 bouteilles de la vente et d’abandonner le lancement de Dasani.
Coca à Haiti - L'INJUSTICE SOCIALE
Après la répression de syndicalistes en Colombie et au Guatemala, la pollution des nappes phréatiques et intoxication des consommateurs en Inde… , continuons notre tour du Monde des abjections de Coca-Cola et retrouvons-nous en Haitï où les accusations pleuvent sur la firme alors que les ouvriers de la brasserie La Couronne - Coca-Cola ont besoin de notre solidarité. Appuyés par le syndicat Batay Ouvriye, ils lancent un appel pour faire face à la "pratique répressive générale contre les travailleurs" de l’entreprise.
En 2001 déjà, le Comité des travailleurs de La Couronne Port-au-Prince s’insurge contre les conditions “d’exploitation féroce” de production et les pratiques illégales des propriétaires de leur usine. Pour un salaire quotidien de 50 gourdes (1), soit environ 1 euro, les ouvriers travaillent jusqu’à 12 heures par jour, six jours sur sept. Le calcul est simple : une fois déduits les frais de repas et de transport, il ne reste plus que quelques gourdes au salarié pour (sur)vivre. A cette époque, le Comité dénonce aussi les dimanches et jours fériés où les employés sont obligés de revenir, mais payés comme des jours normaux. Cinq ans plus tard, les choses n’ont hélas guère changé chez cet embouteilleur de Coca-Cola. Cette fois, c’est le Syndicat des Travailleurs de la Brasserie La Couronne - Branche Nord qui, avec l’appui de l’Intersyndicale du Premier Mai Batay Ouvriye, dresse la liste des violations des droits économiques et sociaux.
Salaire de base illégal
Les gardiens aux barrières, appelés “manutentionnaires”, ne gagnent que 100 gourdes par jour pour... 12 heures de travail. Leurs heures supplémentaires ne sont pas payées. Ceux qui soulèvent les caisses de bouteilles ne sont pas mieux lotis. Ils perçoivent un salaire de base de 50 gourdes par jour, un montant inférieur au salaire minimum légal(2). Certes, ce salaire est censé être complété par des commissions sur les ventes de... 3 centimes de gourdes par caisse de 24 bouteilles vendue. Sauf qu’en cas d’arrêt de la vente pour une raison ou une autre (panne de camion par exemple), ces commissions ne sont pas perçues. La loi haïtienne est pourtant claire sur ce point : c’est le salaire de base qui constitue le salaire, toute autre forme de rémunération n’est qu’encouragement et ne saurait compter comme salaire fixe. En moyenne, les syndicats ont calculé que 60 gourdes viennent s’ajouter au salaire de base, la rémunération atteignant alors 110 gourdes (un peu plus de 2 euros), une rémunération indécente surtout lorsqu’on songe à la pénibilité du travail.
Le sombre inventaire ne s’arrête pas là. ”Bouteilles cassées... sont de la responsabilité des ouvriers ! Contraventions, pour avoir tenté de livrer la marchandise dans des rues étroites... leur reviennent !” note le texte
d’appel à solidarité. Quant aux jours de congés, ils ne sont pas respectés. Enfin, des retenues sont prélevées sur les salaires pour l’assurance vieillesse et l’assurance maladie, sans qu’aucun travailleur ne connaisse leur destination véritable, ni leur utilité.
Dialogue rompu par le propriétaire
Pour faire face à ces violations, les ouvriers se sont organisés. Non sans mal, les salariés de la brasserie du Cap Haïtien parviennent ainsi à créer un syndicat en août 2005 et obtiennent l’attestation de reconnaissance légale du Ministère des Affaires Sociales et du Travail. Une première réunion a lieu en septembre avec la direction, portant notamment sur les salaires et les heures supplémentaires non payées depuis 8 mois. Des accords sont trouvés sur plusieurs points. Cependant, deux mois plus tard, les propriétaires de l’usine ne respectent aucun de leurs engagements.
Deux actes de répression vont venir ajouter à l’exaspération des travailleurs, provoquant plusieurs arrêts de travail et grèves légales. Tout d’abord, le chauffeur Gérard Petit-Frère est accusé par la compagnie, sans preuve, de vol dans la caisse du camion de livraison. Le véhicule était pourtant stationné à l’intérieur de la maison et la direction est la seule à détenir la clé de cette caisse. Il subira deux mois d’emprisonnement avant d’être libéré, sans jugement.
Ensuite, la direction régionale de la firme s’en prend à Philomé Cemérant, le trésorier du syndicat. Elle le licencie pour “refus d’obtempérer aux indications, ordres et instructions”, un motif contesté par le Ministère des Affaires sociales qui recommande sa réintégration. En mai dernier, après plusieurs promesses non tenues, le propriétaire de l’usine, Raymond Jaar, décide de couper le contact avec les représentants syndicaux et refuse même de les recevoir. Ces derniers se déclarent donc “obligés de passer à une autre étape pour publiquement dénoncer la Brasserie La Couronne Coca- Cola en Haïti”.
(1) Le salaire minimum légal est de 70 gourdes depuis 2003. En termes réels, ce salaire n’a cessé de diminuer ces dernières années, contribuant à la détérioration des conditions de vie.
Source : www.peuples-solidaires.org