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Les artisans tisserands ont aussi la fibre équitable

lundi 20 octobre 2008

lundi 20 octobre 2008, par Ingalañ

Il a un faux air de Manu Chao et, comme le chanteur, la conviction tiers-mondiste chevillée au corps. « Ce monde court à sa perte si chacun ne se prend pas en main localement », répèteHervé Le Gall, délégué général de l’association Ingalañ (« distribuer », « partager », « égaliser » en breton), la première ONG bretonne en matière de commerce équitable (1).

Financée en partie sur le budget que le conseil régional consacre à la solidarité internationale, Ingalañ s’efforce, entre autres, de mettre en réseau les producteurs de matières premières en Afrique et les transformateurs et consommateurs en Bretagne.

Avec sa filière de coton bio-équitable (O-F du 19 septembre) mise en place entre producteurs maliens et burkinabés et industriels du tissage bretons, la Région Bretagne a semé les graines d’un partenariat original. Ingalañ s’est glissé aux côtés des fabricants des poids lourds du vêtement comme Armor-Lux ou Dolmen. « C’est nous qui avons introduit l’entreprise de bonneterie haut de gamme, Fileuse d’Arvor, de Quimper, dans cette filière », se félicite Hervé Le Gall.

Costumes, voiles et chemises

L’association a aussi tissé sa propre toile. Dans le cadre du projet Pen Da Benn (« d’un bout à l’autre » en breton), une cinquantaine de paysannes, regroupées en coopérative dans un village du Burkina Faso, ont conservé deux tonnes de coton bio de la récolte 2007-2008. Elles les ont transformées jusqu’au filage, conservant les graines pour en tirer de l’huile.

Ingalañ s’est ainsi procuré 800 kg de fibre de coton, en pelotes de 50 grammes et en bobines de deux kilos destinées au marché breton. « L’objectif est de soutenir les producteurs par des prix justes, et de faire en sorte que le coton soit égrené, cardé et filé sur place », précise Hervé Le Gall.

C’est ce fil de coton qu’utilise Bruno Lesteven, qui est aussi président des tisserands indépendants de Bretagne (2). Il a succédé à son père au moulin de Guéveneux, à Peillac (Morbihan). Sur ses métiers à tisser à bras, à raison de soixante coups de navette à la minute, Bruno fabrique 4 à 5 m de tissu par jour, à partir du chanvre, du lin, de la laine et de la soie.

Il reconstitue des costumes traditionnels, tisse des toiles pour voiles de bateau, fabrique aussi des vêtements sur mesure, créés par sa femme Gaëlle. Avec le coton burkinabé « d’excellente qualité », Bruno confectionne des services de table et des panneaux pour la décoration.

Ce partenariat avec les tisserands bretons est un bon exemple de mise en réseau entre l’Afrique et la Bretagne, le cheval de bataille d’Hervé Le Gall. « Ce n’est pas de pitié, ni d’assistanat dont les pays du Sud ont besoin, mais de la remise en cause d’un système économique mondial basé sur la domination et l’exploitation et surtout de notre façon à chacun de consommer. » Derrière la douceur du coton qu’il caresse de la main, le propos est ferme, voire radical.

Voir en ligne : Ouest France

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