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Pesticides. « Une bombe à retardement »

jeudi 30 juin 2016, par Ingalañ Auray


De gauche à droite : le Dr Jean-François Deleume, Edith, Pascal, et Laurent.

La Commission européenne a décidé, hier, de prolonger l’autorisation du glyphosate au sein de l’Union européenne. De quoi donner du grain à moudre au Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, qui organisait mardi un ciné-débat à Ti Hanok, en lien avec Ingalañ Bro Alré.

En préambule à la projection du documentaire « La mort est dans le pré » d’Eric Guéret (2012), Michel Besnard, président du collectif, en a résumé les objectifs. Actuellement, celui-ci soutient la lutte de quatre ex-salariés de l’usine Nutréa de Plouisy (22), licenciés pour incapacité, dont la MSA ne reconnaît pas le caractère professionnel de leur maladie. Deux d’entre eux, Laurent et Pascal, étaient présents mardi soir, ainsi qu’Edith, veuve d’un chauffeur de l’entreprise qui s’est suicidé sur le site, et qui a réussi à faire reconnaître ce décès comme « accident du travail ». Mais comme les ex-collègues de son mari, elle veut aussi attaquer l’entreprise au pénal, pour « faute inexcusable ». Le collectif soutient également un père et son fils, tous deux salariés de la plate-forme logistique de Triskalia à Glomel, qui ont subi le même sort : maladie, licenciement, etc. Comme l’a rappelé le Dr Jean-François Deleume (Eau et rivières de Bretagne), l’épandage des pesticides dans les champs ne représente que 20 % des quelque 8.000 tonnes de glyphosate utilisées chaque année en Europe (300 t en Bretagne). Ce ne sont pas seulement les paysans (et les riverains...) qui sont potentiellement touchés, mais tous les salariés appelés à être en contact avec ces produits toxiques, y compris dans les entreprises de dératisation et... les hôpitaux (désinfection) !

« Une vraie bombe à retardement »

Et contrairement à l’amiante, qui ne porte préjudice qu’aux personnes en contact proche, les pesticides sont présents partout : dans l’alimentation, mais aussi dans l’air que tout le monde respire. « Une vraie bombe à retardement », selon Michel Besnard. Aucun chiffre n’est publié sur le pourcentage de pesticides en suspension. Il est pourtant urgent de trouver une alternative, car les insectes comme les plantes développent de nouvelles résistances aux produits, à l’instar du corps humain trop exposé aux antibiotiques : « C’est la surenchère, et on va dans le mur », prédit le Dr Deleume.

Pratique
Contact : victime.pesticide.ouest@ecosolidaire.fr ; chèques de soutien aux ex-salariés à adresser à : Solidaires 22, 1 rue Zénaïde-Fleuriot 22300 Saint-Brieuc
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Voir en ligne : Télégramme 30 juin 2016

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