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Pesticides. Sofia Gatica témoigne de la situation en Argentine

dimanche 17 avril 2016, par Ingalañ Auray


Sofia Gatica et Jena-Yves Le Mouillour seront présents aujourd’hui pour la projection du film « Argentine : le soja de la faim ».

Elle se bat depuis une quinzaine d’années pour faire interdire des pesticides commercialisés par la société Monsanto. Sofia Gatica sera aujourd’hui à Auray pour une conférence sur cette question. Rencontre avec une femme qui ne lâche rien.

Pourquoi vous être engagée dans cette lutte contre Monsanto ?
Lorsque j’ai perdu ma fille âgée de quelques jours qui souffrait d’une lourde pathologie aux reins, je me suis posé des questions et j’ai voulu savoir ce qui lui était arrivé et pourquoi.

Vous avez posé des questions à votre entourage ?
Oui, j’ai commencé à demander autour de moi si d’autres personnes étaient affectées. Si d’autres enfants souffraient de maladies inexpliquées ou de malformations.

Qu’avez-vous constaté alors ?
Rapidement, je me suis rendu compte qu’il y avait d’autres enfants malades, qu’à Ituzaingo Anexo, un quartier du sud-est de Cordoba, la deuxième ville d’Argentine où je vis, il y avait un nombre de malades bien au-delà de la moyenne.

Vous avez créé une association ?
Non, juste un collectif citoyen qui rassemble depuis 2001 les mères d’Ituzaingo. C’est un groupement de voisines qui partagent la même inquiétude que moi sur leur santé et celle de leurs enfants. Un groupe de personnes qui a pris conscience de la dangerosité de ces produits commercialisés par Monsanto et qui veut faire cesser cela.

Comment avez-vous rassemblé ces gens ?
J’ai établi une liste d’au moins 200 personnes souffrantes sur 5.000 habitants et je sais que je n’ai vu que la moitié des gens. Peut-être y en a-t-il encore davantage ! C’est beaucoup plus que la moyenne nationale qui est d’un sur 1.000. On n’imaginait pas que le soja pourrait nous rendre malade. On avait confiance.

Quelle a été la réaction des autorités ?
Le gouvernement a procédé à des prélèvements et les analyses font froid dans les dos. 80 % de la population dans nos quartiers a trois ou quatre sortes de pesticides dans le sang. On en retrouve dans l’eau et dans le sol, en quantité très importante .

Quelles sont vos actions ?
Nous voulons que cela cesse, d’autant que les exploitants ne se contentent plus de cultiver le soja. Aujourd’hui Monsanto veut construire une usine de production en Argentine. Alors nous faisons des chaînes humaines pour nous opposer à cette construction. Mais nous avons beaucoup de mal. Il y a une forte répression par les autorités. J’ai été agressée violemment plusieurs fois et aujourd’hui je suis sous protection policière parce que j’ai été menacée. On m’a pointé une arme à feu sur la tempe.

Vous arrivez de Paris et vous passez à Auray, quel sera votre message ?
Après la projection du film « Argentine : le soja de la faim » de Marie-Monique Robin, je répondrai du public et surtout j’expliquerai la situation chez nous et dans le monde entier. Il faut que les gens prennent conscience et se battent à nos côtés.

Vous apparaissez dans ce film ?
Non mais j’ai beaucoup d’amitié pour Marie-Monique Robin que je connais. Son film est très juste et donne une vision réelle de la situation.

Pratique Ce dimanche à 18 h 30 à Ti Hanok.

Voir en ligne : Télégramme 17 avril 2016

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