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Ti Hanok. « Une gouvernance alimentaire urbaine est possible »

vendredi 4 mars 2016, par Ingalañ Auray


L’une des pistes de l’IUFN : le développement des circuits courts.

Comment nourrir les populations de demain ? Au coeur de la crise agricole, et dans le sillon, du film « Demain », qui vient d’obtenir un César, Ti Hanok présente demain soir une projection-débat avec divers intervenants, dont Markéta Braine-Supkova, présidente de l’International urban food network (IUFN).

Qu’est-ce que l’IUFN ?
C’est une petite association loi 1901 créée en décembre 2012 et basée à Paris. IUFN (pour International urban food network) est un réseau de recherche et de coopération internationale sur la gouvernance alimentaire des régions urbaines. Cette plate-forme vise à rassembler le monde de la recherche et celui des collectivités territoriales autour de l’enjeu alimentaire pour accélérer la transition des collectivités vers des systèmes alimentaires durables. Nous essayons de sensibiliser les décideurs au potentiel de ces systèmes. Notre idée, c’est d’explorer de nouvelles possibilités pour changer de modèle. On le voit, notamment à travers les manifestations du monde paysan, il y a un énorme problème dans l’organisation actuelle de notre système. Il est possible d’explorer des alternatives sur l’ensemble des maillons de la chaîne : la production, la distribution, l’alimentation, le recyclage des déchets...

Que proposez-vous qui n’ait pas déjà été exploré ?
Nous n’avons pas la prétention de nous attaquer au système mondial. Essayons de commencer par les territoires, en proposant une approche locale, à l’échelle des villes et des collectivités. Au niveau local donc, notre travail avec les collectivités territoriales s’est notamment concrétisé par un accompagnement technique (de 2014 à 2016) du territoire Aquitaine sur la définition de la stratégie alimentaire territoriale et des instances de gouvernance dédiées. Grâce à cet accompagnement, nous avons pu construire un guide méthodologique qui a été présenté officiellement aujourd’hui (hier) au Salon international de l’agriculture, à l’occasion d’une mini-conférence.

Quelles alternatives avez-vous mises en avant au niveau local ?
Il est possible de proposer une production plus durable si tous les acteurs travaillent ensemble. Une collectivité peut ainsi agir sur le foncier agricole à proximité des villes en le bloquant et le réservant à une production qui sera ensuite redistribuée en circuit court. Les élus peuvent eux-mêmes sensibiliser le consommateur à la possibilité de consommer ces produits locaux. Et en poursuivant, on peut mettre dans la boucle les cantines scolaires et les restaurants des collectivités qui proposeront des produits locaux et bio. Pour aller encore plus loin, nous avons proposé la création dans certaines collectivités d’un conseil de politique alimentaire locale, qui réunirait tous les intervenants de la chaîne et tracerait les lignes de la politique locale alimentaire. Bordeaux va le formaliser et le Pays Basque devrait suivre. Cette idée est d’ailleurs reprise dans le projet de loi « visant à favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation » que Joël Labbé, rapporteur, va proposer au Sénat.

EN COMPLEMENT :

Un débat autour de l’alimentation
Le documentaire « Demain » sera projeté samedi à 20 h 45 (6,50 €). Un débat sera ensuite animé par Joël Labbé, sénateur Europe Ecologie-Les Verts, et Perrine Herve-Gruyer, de l’école de permaculture de Bec-Hellouin, Markéta Braine-Supkova, présidente de l’International urban food network, en partenariat avec Ingalañ Bro Alre et Alternatiba. Lors de ce débat, il sera question d’alimentation et de permaculture. Jean-Yves Le Mouillour, d’Ingalañ, devrait également participer au débat et rappeler l’action de l’association morbihannaise qui agit pour la promotion et le développement d’un commerce équitable local et international. Depuis plusieurs années, Ingalañ s’est inscrit dans une démarche de lutte pour la souveraineté alimentaire, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et la lutte contre Monsanto (cause dans laquelle l’association bretonne s’est associée à Manu Chao). Ingalañ était également le relais en France des Journées mondiales pour la souveraineté alimentaire et populaire.

Voir en ligne : Télégramme 04 mars 2016

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