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Cinéma. Un autre regard sur l'Amérique latine

jeudi 4 octobre 2012, par Ingalañ Auray

À partir de demain, commence la première édition d’« Auray au cinéma latin », un festival qui se nourrira largement des bonheurs et des peines de l’Amérique du Sud. Mais pourquoi Auray ? La réponse est à trouver, en partie, au coeur d’Ingalan, association qui, depuis 2004, tisse des liens solidaires à travers le monde.

Ces deux-là font la paire. Gurvan Nicol d’un côté, caban bien vissé sur les épaules, demi-barbe et petites lunettes rondes. De l’autre, Jean-YvesLeMouillour, pas plus grand, les cheveux longs, l’air aussi indien que le premier a l’air breton. À les voir, les deux coprésidents d’Ingalan Bro an Alre résument l’origine du festival « Auray au cinéma latin », consacré, cette semaine, à l’Amérique du Sud et qui va tisser, l’espace d’un week-end, le lien ténu entre ici et là-bas. Ingalan est née en janvier2004, créée par des militants du commerce équitable. Quatre groupes locaux, dont Ingalan Bro an Alre, née en 2010 après Nantes, Brest et Questembert (56), ont suivi. L’objectif de l’association est la promotion du commerce équitable local et international ainsi que l’accompagnement des porteurs de projets ou structures en activité. Chaque groupe local, de son côté, a la liberté de développer ses propres activités. C’est ainsi qu’Ingalan Bro an Alre s’est tournée vers l’Amérique du Sud, dès sa création, première étape de ce qui allait devenir le festival du cinéma latin.

Histoire de rencontres

« On travaille beaucoup sur les populations indigènes et sur l’accaparement des terres », explique Jean-Yves Le Mouillour. En juin2010, pendant troisjours, projections et débats ont permis de découvrir et d’entendre les Mapuches, des Indiens du Chili. Un moment fort. « Les Mapuches n’existent pas au Chili. Quand on pose la question à l’État, on nous répond que tout le monde, sans exception, est chilien. Sauf que les lois discriminatoires de Pinochet s’appliquent encore aux Mapuches ». Le militantisme est assumé et transpire dans le message du duo d’Ingalan. « Il y a une incompatibilité totale entre le capitalisme et la survie des peuples autochtones. Des compagnies, dont des françaises, s’implantent sur les terres des Indiens. Chaque fois qu’on déplace un peuple, il meurt parce qu’on lui enlève sa culture. C’est quand même une aberration de vouloir construire des stations de ski sur les cimetières des Indiens Navajos ». Ces premières rencontres amérindiennes à Auray, en plus de sensibiliser à la cause, ont permis une autre rencontre, forcément militante. Celle d’Ingalan Bro an Alre avec l’Argentine Carmen Perez del Viso, à l’origine du Festival international de cinéma latin de Paris et du Festival international de cinéma latin du pays de Caux (Seine-Maritime). Ils voulaient ancrer l’idée d’un festival ; elle a apporté sa connaissance du cinéma et son carnet d’adresses, militant, toujours et encore. « Pour nous, il est impossible de dissocier militantisme et culture. Franchement, on l’a vu quand on a accueilli les Mapuches. Ce n’était pas drôle, les projections, les témoignages. On a vu des gens sortir de la salle un peu sous le choc. Mais la culture doit être un véhicule pour comprendre les combats. La culture, c’est l’information ».

Avancer, témoigner et partager

« On veut favoriser les rencontres, pour que les gens se rendent compte que ce qui se passe là-bas a aussi une importance ici ». Pour autant, derrière les mots, cette édition sera surtout culturelle, engagée sans trop en faire. « L’objectif, pour cette première, c’est vraiment d’installer le festival dans la ville », explique Gurvan Nicol. Ce week-end, le message d’Ingalan passera surtout par les à-côtés, la musique et des expositions, en attendant que l’événement confirme sa place dans le paysage. Le rideau tombé, dimanche soir, GurvanNicol et Jean-Yves Le Mouillour retourneront à leurs projets, toujours entre ici et là-bas, complémentaires dans leurs différences, entre justice et développement durable. « On est en train de voir comment on peut devenir observateurs, dans les procès qui concernent les Indiens. Rien que la présence d’un regard extérieur permet de réduire les injustices », précise Jean-Yves LeMouillour. Témoigner, avancer et partager. Ça tombe bien, c’est ce que veut dire Ingalan en breton.

Voir en ligne : Télégramme 04 octobre 2012

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