Commerce équitable local et International.
Luttes et alternatives sociales et écologiques
Thomas Sankara : Nous encourageons l'aide qui nous aide à nous passer d'aide

Eau. « Plus on consomme, moins on paye ! »

mardi 10 avril 2012, par Ingalañ Auray


Eau. « Plus on consomme, moins on paye ! ».
Rodrigue Olavarria milite pour une tarification progressive de l’eau, avec les 40 premiers litres gratuits.

Dans le cadre de la Semaine du développement durable, la Ville et l’association Ingalan ont invité Rodrigue Olavarria. Spécialiste de l’eau à France Libertés, il donnera une conférence ce soir et participera àdes ateliers demain à Athéna. Interview.

Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis d’origine chilienne. Directeur des programmes de France Libertés, j’ai été le secrétaire particulier de Danielle Mitterrand. Je suis chargé de mission au service projet et spécialiste des problématiques de l’eau dans le monde. J’ai aussi participé à des réunions mondiales telles que les Sommets de Dakar, Rio,etc.

Quels thèmes aborderez-vous à Auray ?
Je viens de participer au forum alternatif de l’eau de Marseille. Je l’évoquerai pendant la conférence. Je tiens également à expliquer quel est l’enjeu de l’eau pour la planète. C’est un lien vers la souveraineté alimentaire et la lutte contre l’accaparement des terres partout dans le monde. Elle remet en question les systèmes de distribution, générateurs de profits au détriment des populations les plus pauvres, en France comme ailleurs. Il faut savoir qu’en France, il y a encore 200.000 personnes qui n’ont pas accès à l’eau potable. Je tiens àdéfendre l’idée d’une tarification progressive avec les 40 premiers litres d’eau gratuits. C’est ce que l’on appelle l’eau digne. Puis, les 150 litres suivants, c’est-à-dire l’eau domestique, seraient àun prix raisonnable. Enfin, au-delà, l’eau de luxe devrait être plus chère. C’est une proposition alternative tout àfait réalisable car il ne faut pas que l’eau soit un business. Or, en France, plus on consomme d’eau et moins on paye. Ce n’est pas logique.

Quels sont les enjeux spécifiques en Bretagne ?
En Bretagne, le problème de l’eau est important. C’est une région de tradition d’élevage et cela nuit à la qualité de l’eau. Il est possible d’agir pour protéger les captages et la nappe phréatique, il suffit de prendre certaines mesures. En France quand on pollue, il n’y a pas de culpabilisation. Il faut une prise de conscience.

Comment se déroulera la conférence ?
Je compte projeter plusieurs petits films pour illustrer mon propos et faire partager mes idées à travers l’image. J’espère échanger ainsi avec la salle.

Parle-t-on assez d’environnement dans la campagne présidentielle ?
On voit que dans cette présidentielle, les questions environnementales sont une variable d’ajustement. Je regrette qu’à Marseille, lieu de débat où l’on aurait pu interpeller les candidats, seuls Jean-Luc Mélenchon et Éva Joly se soient déplacés. L’eau est un enjeu d’avenir, il ne faut passer à côté. Pratique Conférence-débat ce soir à20h30 àl’espace Athéna sur le thème « L’eau, une ressource fragile, enjeux et perspectives ». Une soupe bio sera offerte àla suite de la conférence. Atelier de réflexion demain, de 14h à 17h à l’espace Athéna, sur trois thèmes : les enjeux juridiques, politiques, économiques, sociaux et environnementaux ; forum alternatif mondial de l’eau ; campagne de mobilisation pour la transparence et la démocratie.

Propos recueillis par Véronique Le Bagousse

Voir en ligne : Télégramme 06 avril 2012

Accueil > Groupes Locaux > Bro an Alre (Pays d’Auray) > Presse > Eau. « Plus on consomme, moins on paye ! »
SPIP | squelette | | Mentions légales | Crédits | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0