Commerce équitable local et International.
Luttes et alternatives sociales et écologiques
Thomas Sankara : Nous encourageons l'aide qui nous aide à nous passer d'aide

Pôle amérindien

Les Mapuches ouvrent la voie

lundi 7 juin 2010, par Ingalañ Auray

Les rencontres autour des peuples amérindiens, proposées ce week-end par Ingalañ, ont accouché de témoignages forts. Elles ont permis de lancer officiellement le pôle amérindien.

�� l’initiative d’Ingalañ Bro an Alré, le cinéma Les Arcades a ouvert ses portes, ce week-end, à la connaissance des peuples amérindiens. L’association posait ainsi la première pierre au pôle de référence des peuples natifs d’Amérique qu’elle souhaite lancer sur Auray.

« Ce pôle donne beaucoup d’espoir »

Près de 80 personnes ont pris, dès samedi, la direction du cinéma sur les traces du peuple Mapuche. Marcelo Calfuquir, membre de la communauté Mapuche, « Molco Alto Pitrufquén », au Chili, consultant pour les Nations Unies et la Communauté européenne sur les droits indigènes, avait accepté l’invitation : « Ce qui se constitue ici, avec le Pôle amérindien, donne beaucoup d’espoir. Malgré la distance, il y a des similitudes entre nos deux peuples, qui ont leur propre culture, leur propre langue, et qui se battent pour les faire vivre ». La pression constante du gouvernement chilien et la réduction, telle une peau de chagrin, des territoires Mapuches, n’ont pas réussi à ébranler la volonté du peuple de Marcelo. Mais là où les hommes ont échoué, la nature est en passe de réussir. « Le 27février dernier, un tremblement de terre a ravagé la zone centre sud du Chili, de Valparaiso à l’Araucania... L’épicentre se trouvait sur nos terres », rappelait hier Marcelo Calfuquir. Près de 500 personnes ont trouvé la mort. Mais le séisme a fait deux millions de sinistrés et 500.000habitations ont été détruites. « Nous pensons que c’est plutôt 750.000 maisons, en vérité. Le problème, c’est que le gouvernement a refusé l’aide internationale au motif que les dégâts étaient mineurs et que le séisme n’avait pas été suivi d’un tsunami. Ce qui est faux ! Aujourd’hui, nous voulons reconstruire, en espérant que le gouvernement ne refera pas les mêmes erreurs en « oubliant » de réaliser des bâtiments aux normes sismiques... dans cette région qui est régulièrement touchée par les tremblements de terre », espérait-t-il, aux côtés de Guillermo Saavedra Gonzales, journaliste emprisonné sous le joug de Pinochet, et exilé en France depuis 1974.

Un appel au secours

Les deux hommes, entourés de Patricio Valera, écrivain et poète Mapuche, et de Ronan Julou, docteur en ethnologie, chercheur sur les peuples d’Amazonie, évoquaient hier la « résistance », - ou plutôt les résistances - des peuples amérindiens. L’occasion pour Patricio Valera de lancer un appel au secours : « Au Chili, 52 Mapuches sont actuellement emprisonnés parce qu’ils ont refusé qu’on leur vole leurs terres. Personne n’en parle. Ils n’existent plus. Leur seul crime est de ne pas avoir cédé face au gouvernement et aux entreprises qui voulaient s’approprier leurs terres ». Les deux journées de rencontres ont posé des jalons. Un lien a été créé. « Des Inuits ont contacté l’association, d’autres peuples veulent savoir ce que l’on fait. Ce n’est que le début », promettait Jean-Yves Le Mouillour, président d’Ingalañ Bro an Alré.

Voir en ligne : Télégramme 7 juin 2010

SPIP | squelette | | Mentions légales | Crédits | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0