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Le Chili nie le droit à l'eau

Communiqué à la communauté internationale

lundi 18 avril 2011, par Ingalañ Auray

Caimanes, communauté rurale qui affronte
une entreprise minière et le gouvernement chilien
pour contamination et vol d’affluents

Dossier de dénonciation internationale
Mars 2011


11 habitants de Caimanes mènent, fin 2010, une grève de la faim durant 81 jours

1.- Caimanes est une petite localité rurale du Chili, située à un peu plus de 400 kilomètres au nord de la capitale et habitée par environ 1 200 personnes. Elle joue cependant, depuis 2003 un rôle important dans un des conflits environnementaux le plus emblématique du pays, face à l’installation d’un bassin de déchets toxiques de l’exploitation minière Los Pelambres, propriété de l’homme le plus riche du Chili, à presque 12 kilomètres de la commune. La contamination et la déviation des eaux, la destruction du patrimoine historique et naturel, ainsi que la détérioration significative de la qualité de vie du lieu habité, sont les impacts les plus notoires de l’installation de ce qui constitue le plus grand dépôt de déchets d’Amérique latine et le troisième dans le monde, avec une capacité de plus de 2 060 millions de tonnes de déchets. Jusqu’à présent les protestations de la communauté ont été réduites au silence ou réprimées par le gouvernement, qui soutient l’entreprise minière. Le dernier chapitre de ce conflit s’est ouvert sur l’accusation criminelle déposée devant les tribunaux par l’entreprise minière et le Ministère Public contre le dirigeant de la communauté, Cristián Flores et son équipe d’avocats.

2.- Caimanes est né autour de la ligne de chemins de fer dans la première moitié du XXe siècle. Baigné par les eaux de la rivière Pupío et enclavé dans les vallées étroites des contreforts des Andes, son activité économique s’est concentrée sur l’agriculture et l’élevage de troupeaux de chèvres. Bien que l’activité minière se soit aussi développée à petite échelle et de manière très rudimentaire, on se rendait déjà compte des richesses importantes qui se cachaient dans le sous-sol. Richesse qu’a mis promptement à profit l’entreprise Antofagasta Minerals, contrôlée par le clan Luksic, considéré comme la famille la plus riche et puissante du Chili. C’est ainsi qu’est née l’entreprise minière Los Pelambres qui a présenté en 2003 un projet aux autorités pour utiliser une vallée, particulièrement le domaine agricole dénommé "El Mauro”, comme site d’entrepôt de ses déchets chimiques. En 2005, l’approbation officielle finale est obtenue et les travaux commencent entraînant l’expulsion de 23 familles, la destruction du dernier bois de Canelo du nord du Chili, l’inondation d’un cimetière indigène et d’un site archéologique, premiers impacts du projet. Les dommages permanents prévisibles étant la déviation des eaux du Pupío au bénéfice de l’entreprise minière, en réduisant à moins du cinquième le débit original des eaux pour la communauté, condamnant à l’extinction l’activité agricole et entraînant la contamination des affluents et des nappes souterraines par des métaux lourds, et des conséquences graves sur la santé des personnes.

3.- Devant la menace, Caimanes a rapidement commencé sa lutte contre le site de déchets. Une lutte qui s’est déployée sur tous les fronts, depuis les meetings de rue et un barrage de routes jusqu’aux actions devant les tribunaux de justice, en passant même par une grève de la faim poursuivie par 11 membres de la communauté pendant 81 jours, en 2010. La réponse gouvernementale est passée de l’indifférence à la répression ouverte… les autorités étant compromises avec l’entreprise minière. Sur le plan judiciaire, la situation a semblé similaire : si la Cour d’Appel de Santiago a donné raison aux habitants de Caimanes après avoir conclu que l’entreprise minière ne pouvait pas garantir que les eaux n’étaient pas contaminées, le gouvernement et l’entreprise minière ont eu recours à la Cour Suprême qui, en 2008, a appelé à une conciliation des parties. Le résultat a abouti à ce que l’entreprise minière paye 23 millions de dollars aux avocats et aux dirigeants des mandants pour acheter leur approbation, tout cela dans le dos de la communauté qui a vu sa vie ainsi hypothéquée. Mais Caimanes a continué la lutte, avec de nouveaux avocats et de nouveaux dirigeants. Ils ne veulent pas de site de déchets, ni de dollars de l’entreprise minière, ils veulent seulement vivre en paix. Mais le pouvoir de l’inceste entre les affaires et la politique est trop grand, ils demandent de l’aide et espèrent que le monde fasse ou dise quelque chose.

1.Contamination et détournement des eaux de Caimanes
État de la rivière “Camisa” après le dernier incident de contamination.

Les animaux boivent de l’eau contaminée



2. Dimension du site de déchets

Dimension du site “El Mauro” en comparaison avec celui de Las Palmas qui a été détruit lors du dernier tremblement de terre (27/02/2010) et a causé la mort d’une famille entière.

Bassin “El Mauro” en 2010

Mur de retenue du bassin en 2010

3.Contamination de l’air

La photo n’est pas très claire, mais elle montre la contamination de l’air par la manière dont sont entreposés les déchets dans la cuvette.

4.Contamination de nappes phréatiques (eaux souterraines)

Concernant la quantité de liquide contenu actuellement dans le bassin : plus les déchets s’accumulent plus l’eau est maintenue en arrière et le rend plus sûr, car dans ce cas le sable du mur est en contact avec une pâte et non plus avec l’élément liquide. Mais, selon les experts dans ce domaine, ce qui est arrivé c’est que l’entreprise a cru pouvoir obstruer des nappes souterraines qui, comme des rivières, circulent sous le sol, alors qu’en réalité, sous le bassin, il s’agit de nappes phréatiques, sortes de lagunes ou de poches d’eau souterraines, qui remontent dans le fond du bassin le remplissant d’eau.

5.Fragilité du mur de retenue ou “rideau”

C’est ainsi qu’on a trouvé le mur de retenue du bassin après les pluies de l’hiver 2010. L’entreprise minière soutient qu’il ne s’agit pas d’un écroulement partiel du mur mais de zones sableuses disposées dans le lieu pour avancer avec la construction du mur.

6.Inondation du site archéologique et du bois de Canelo



7.Négociation des dirigeants et des avocats en 2008


Cette transaction a permis à l’entreprise minière de terminer et de rendre opérationnel le bassin ; l’agriculteur le plus important de la zone a reçu 23 millions de dollars, l’avocat de la communauté deux millions et demi de dollars payés par l’entreprise et les dirigeants ont reçu cinq millions de dollars qu’on a prétendu leur remettre moyennant une supposée donation faite par l’agriculteur. En contrepartie les communautés ont reçu 120 millions de PESOS pour les 1 800 habitants, représentant ce qu’ils ont dépensé pour se défendre durant les dix années qu’ont duré les procès. C’est-à-dire que c’est l’avocat de la communauté qui a reçu cet argent.

8.Manifestations contre l’entreprise minière Los Pelambres durant les trois dernières années


9.Soutien du gouvernement national et régional à l’entreprise minière

10.Dernière intimidation de la part de l’entreprise minière : l’inculpation de l’actuel dirigeant, Cristian Flores, et de ses avocats, pour association illicite et prévarication.

Documents existants attestant cette argumentation

1-Sentencia 12004 - 2005

C’est la décision judiciaire que les dirigeants ont négocié. Cette décision a refusé à l’entreprise minière l’autorisation de mettre en place le collecteur de déchet, considérant, parmi beaucoup d’autres choses, que personne ne peut assurer que les eaux ne seraient pas contaminées.

2-Presentación Caimanes, Mayo 2005

Ceci a été écrit par plusieurs dirigeants qui ensuite ont signé la négociation ou la transaction avec l’entreprise minière.

3-La batalla del agua 1

Histoire du conflit réalisée par l’avocat de la communauté qui a négocié avec l’entreprise minière en 2008.

4-Sentencia Caso Chile 3

Présentation du cas au Tribunal latino-américain de l’eau à Guadalajara, Mexique.

5-Nelson Ramírez 7

Conséquences du séisme sur les déchets de la zone centrale. Ce document, reconnu par Sernageomin (instance de régulation de l’exploitation minière au Chili), informe de la nécessité d’adapter les prochains projets aux magnitudes 8.8 et 9.0 de l’échelle de Richter et de réévaluer les distances des zones de sécurité, ce que précisément plaident les avocats actuels concernant la situation de Caimanes par rapport à la localisation du bassin.

6-Riesgos Minería altura

Etude de l’ingénieur Sergio Andrade, de Sernageomin, sur les risques de l’exploitation minière en hauteur.

7-Represas y terremotos

Document sur les barrages et les tremblements de terre.

8-Geol-millon zona de sismos

Document qui démontre qu’il s’agit d’une zone de séismes.

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