Ingalan

Ingalañ


Commerce équitable local et International.
Luttes et alternatives sociales et écologiques
Thomas Sankara : Nous encourageons l'aide qui nous aide à nous passer d'aide

FREE LEONARD PELTIER !

Libérez Léonard Peltier !

vendredi 2 juillet 2010, par Ingalañ

  HISTORIQUE DE L’AFFAIRE PELTIER

Leonard Peltier est un prisonnier de guerre, l’une des nombreuses victimes de la guerre cachée menée par le gouvernement américain contre l’American Indian Movement (AIM) et ceux qui le soutiennent. Au milieu des années 1970, cette offensive entraina la mort d’un grand nombre de militants, des centaines de blessés et l’emprisonnement des survivants. Cette opération de répression s’est inscrite dans le cadre du programme du COINTELPRO (counter-intelligence program-programme de contre-espionnage) orchestré et conduit par le FBI, le Bureau Fédéral d’Investigation. Le COINTELPRO est un dispositif de surveillance interne hérité de la période sombre du McCarthysme et de sa " chasse aux sorcières " dans le contexte de la guerre froide. Dans les années 1960, ce programme a surtout ciblé tous les individus et mouvements emblématiques des luttes pour un changement de la société américaine tels que Martin Luther King, Malcom X, le mouvement pour les droits civiques, la contestation contre la guerre du Vietnam ou encore le parti des Black Panthers. Le FBI était alors déterminé à neutraliser par tous les moyens les tentatives d’émancipation ethnique et sociale qui auraient pu " menacer " la sécurité interne du pays. Les tactiques généralement utilisées étaient la déstabilisation et la division par l’infiltration d’agents dans l’entourage des leaders ou des mouvements et la propagande de criminalisation et de discrédit par le biais des médias. Des décennies après, il reste encore à lever le voile sur le rôle joué par le FBI dans un certain nombre d’assassinats politiques commis aux États-Unis et toujours non élucidés.

 LES ÉVÉNEMENTS SUR LA RÉSERVE DE PINE RIDGE

En 1972, Richard " Dick " Wilson a été élu président du conseil tribal de la réserve indienne oglala-lakota de Pine Ridge dans le Dakota du Sud. Il s’est attelé immédiate-ment à une épuration politique visant à écarter tous ses opposants et à instaurer un régime fait de népotisme et de répression. Il a mis en place une milice privée paramilitaire, les Goons (Guardians of the Oglala Nation) qui, comme il le sera révélé plus tard, recevait secrètement des armes et des munitions sophistiquées du gouvernement américain.Dès sa fondation en 1968, l’American Indian Movement, AIM, a canalisé les forces militantes des indiens luttant pour le respect des Traités signés entre les Nations indiennes et le gouvernement des USA et s’opposant aux traitements arbitraires et racistes perpétrés par la société dominante. L’AIM a démontré à plusieurs reprises, comme lors de l’occupation du Bureau des Affaires Indiennes à Washington en novembre 1972 (à laquelle Leonard Peltier a participé), que ses membres et leaders n’étaient plus disposés à accepter le traitement infantilisant et méprisant du gouvernement américain et qu’ils étaient prêts à des actions symboliques non-violentes pour attirer l’attention des politiques et des médias sur la réalité indienne. Cette position courageuse et sans compromis a surtout attiré l’attention du FBI qui a classé l’AIM dans la catégorie des organisations d’extrêmistes.L’AIM a répondu en 1973 à l’appel à l’aide des Indiens traditionalistes oglala lakota de Pine Ridge qui subissaient l’escalade de la violence et le règne de terreur de Dick Wilson et de ses Goons. La réserve de Pine Ridge est un territoire souverain où les forces de l’ordre du gouvernement des USA n’ont juridiction que dans les cas d’homicide ou de délits graves.

Du 27 février au 8 mai 1973 s’est déroulée l’occupation sur Pine Ridge du hameau de Wounded Knee par la Nation Oglala Lakota Indépendante et l’AIM. Celle-ci s’est achevée à l’issue de promesses faites par le gouvernement américain qui ne les honora jamais. A partir de cette période, la violence s’est intensifiée et Wilson pourchassa sans répit tous les traditionalistes, membres et supporters de l’AIM, dont 64 d’entre eux ont été assassinés en toute impunité. De plus, le FBI procéda à 562 arrestations liées à l’occupation de Wounded Knee mais n’ouvrit jamais aucune enquête sérieuse sur ces meurtres violents.En 1975, Leonard Peltier s’engagea avec d’autres membres de l’AIM à protéger et à aider la famille Jumping Bull résidant sur la réserve et étant menacée par les Goons. Le 26 juin 1975, deux agents du FBI, Jack Coler et Ronald Williams pénétrèrent sans mandat avec leurs voitures sur la propriété privée des Jumping Bull sous prétexte d’y arrêter un jeune indien accusé du vol d’une paire de bottes de cow-boy. Dans l’atmosphère de violence et de psychose quotidiennes qui règnait alors, l’intrusion des deux étrangers a déclenché un échange de coups de feu nourri qui laissa pour morts un jeune Indien, Joe Killsright Stuntz et les deux agents. L’intervention immédiate de plus de 150 agents du FBI, de Marshals, de troupes fédérales d’intervention armée, de la police tribale et de Goons qui étaient alors massés à proximité laissa à penser que cet incident était préparé à l’avance. Avec des moyens et des armes rudimentaires, Leonard Peltier et ses compagnons ont couvert l’évacuation des femmes, enfants et personnes agées qui constituaient alors la majorité des résidents de la propriété des Jumping Bull.Une fois tous enfuis, il s’ensuivit alors une des plus grandes chasses à l’homme menées par le gouvernement des États-Unis. Un jour avant la fusillade, Dick Wilson a négocié en secret et en toute illégalité le transfert de 76200 acres du territoire de la réserve au gouvernement fédéral dans le but d’y exploiter un gisement d’uranium.

 LES PROCÈS

Le FBI parvint à arrêter et à traduire en justice sur des chefs d’accusation de meurtre au premier degré et de complicité de meurtre deux membres de l’AIM, Dino Butler et Bob Robideau qui étaient alors présents lors de la fusillade. Pendant ce temps, Leonard Peltier était parti se réfugier au Canada. A Cedar Rapids (Iowa), les avocats de Butler et Robideau ont été autorisés durant le procès à produire les preuves et les témoignages faisant état du contexte de violence existant sur la réserve de Pine Ridge ainsi que des activités illégales du FBI exacerbant ce climat. Les deux hommes ont été acquittés le 16 juillet 1976 sur la base de leur droit à la légitime défense. Leonard Peltier restait alors le dernier co-accusé dont disposait le FBI pour venger la mort des agents Coler et Williams. S’il avait été jugé en même temps que Dino Butler et Bob Robideau, il aurait sans aucun doute été acquitté.
Leonard Peltier a été inculpé des meurtres au premier degré des deux agents puis condamné à deux peines consécutives de prison à perpétuité le 2 juin 1977 à Fargo (Dakota du Nord), il s’est vu refusé son droit à une révision de procès, est privé de sa liberté depuis33 ans et reste incarcéré arbitrairement alors que :

· son arrestation et son extradition du Canada ont été obtenues sur la présentation de dépositions frauduleuses produites par les méthodes coercitives du FBI sur la personne de Myrtle Poor Bear, une jeune femme indienne dont le témoignage sera écarté par le juge sur la base d’instabilité mentale au moment du procès de Peltier ;

· son procès a été une véritable parodie de justice, ses avocats se sont vus imposés des restrictions draconiennes dans l’argumentation de la défense et n’ont pas été autorisés à présenter des témoins clefs alors que le FBI s’est rendu coupable de subornations de témoins et de parjure en produisant des témoignages fabriqués et une expertise balistique falsifiée ;

· le gouvernement a ultérieurement et à deux reprises admis qu’il ne sait pas qui a tué les deux agents et a modifié les termes du chef d’accusation de meurtres au premier degré à complicité de meurtres, et ce en l’absence d’une révision de procès.

 DÉCLARATION DE PRINTEMPS DE LEONARD PELTIER (mars 2014)

Salutations, mes amis, parents, soutiens et tous ceux qui soutiennent la cause de la liberté, non seulement pour les Autochtones d’Amérique, mais pour tout le monde.

Je sais que quelquefois ce n’est pas facile de s’impliquer et de rester impliqué, alors je veux remercier du fond de mon cœur et de toute mon âme ceux d’entre vous qui l’ont fait. Nous avons besoin de plus de gens encore partout dans le monde, qui se préoccupent non seulement de la liberté des autres, mais aussi de nos futures générations et de la sorte de Terre que nous laissons derrière nous.

Je sais qu’il y a des prophéties, des prédictions et des croyances qui prédisent la fin des temps, de la vie telle que nous la connaissons, et je veux vous dire que toutes ces choses ont été dites pour notre bien, afin que nous puissions choisir une voie différente. Partout dans le monde il y a des gens qui cherchent à servir Dieu ou le Créateur ou le Grand Esprit ou tout autre nom par lequel vous nommez le pouvoir supérieur qui nous donne la vie, et je veux vous dire qu’à ce point des temps, notre plus grand ennemi n’est pas un être surnaturel avec des cornes et une longue queue ni un quelconque esprit malfaisant ; notre plus grand ennemi partout dans le monde c’est la gloutonnerie, le fait que les gens veuillent et prennent plus que ce dont ils ont besoin. C’est la cause de toutes les guerres, des invasions, des dictatures et des pollutions auxquelles l’humanité est confrontée.

C’est la voie de nos Peuples Autochtones de ne pas prendre plus que ce dont nous avons besoin. C’est dans l’enseignement des Chrétiens, c’est dans l’enseignement des Musulmans, et dans celui des Bouddhistes. C’est un enseignement de base, fondamental, de toutes les grandes spiritualités dans le monde, que nous ne prenions pas plus que ce dont nous avons besoin. C’est aussi un enseignement de mon peuple, que lorsque vous prenez quelque chose à la Terre, vous devez donner quelque chose en retour. L’humanité a contracté une lourde dette envers la Terre, et une lourde dette envers la Nature, et que çà nous plaise ou non, que nous le reconnaissions ou pas, cette dette sera remboursée d’une manière ou d’une autre.

Quand des gens provoquent des explosions sous la Terre, cette Terre que nous appelons notre Mère, quand ils fabriquent des poisons et des radiations et autres choses mortelles et les mettent dans notre mère, ils causent des malformations congénitales à toute la nature, y compris l’être humain. Ceci peut ne pas paraître très scientifique et un peu simpliste, mais c’est une vérité et cette vérité est en train d’émerger de façon évidente dans toute l’humanité. Nous voyons ces malformations congénitales dans les animaux et les poissons de l’océan, les oiseaux dans le ciel et les reptiles. Nous la voyons dans nos eaux et dans notre air. Nous devons trouver un moyen de bloquer ces grandes entreprises dont les PDG vivent dans des villas et des chalets climatisés dans un environnement artificiel qu’ils sont les seuls à pouvoir se payer.
Nous devons les convaincre, de toutes les façons que nous pouvons, de respecter notre Terre et de nous respecter, et ne pas les autoriser à détruire notre Mère la Terre par la fracturation hydraulique et les oléoducs pleins de pétrole qui traversent les terres, et les plateformes dans l’océan d’où le pétrole fuit, ou les pesticides qui tuent les abeilles et détruisent la chaine alimentaire des oiseaux. Notre Mère la Terre est une création vivante, et nous faisons tous partie de ce cycle de vie, nous sommes tous dépendants les uns des autres. Chaque fois que j’allume la télévision dans la salle commune ou que j’ouvre un magazine international, je lis et vois l’évidence de cette destruction.
Je sais que parfois nous avons le sentiment que nous ne pouvons rien faire ; mais nous le pouvons, si chacun de nous fait quelque chose, ensemble nous pouvons accomplir un changement et nous le ferons. Ce peut être manifester avec une pancarte ou peut-être écrire au Sénateur ou aux membres du Congrès ou peut-être voter pour quelqu’un qui défend l’énergie naturelle et renouvelable, comme le vent, le soleil et autres.

Quoique vous choisissiez, choisissez quelque chose, faites une différence, faites que votre vie compte pour quelque chose. En ce moment même, dans différentes régions des Etats-Unis et du Canada, il y a des gens de tous âges et de toutes origines qui essaient de bloquer ces oléoducs qui transporteront de la boue et cette fracturation qui déclenche des explosions sous la Terre et cause aussi des tremblements de terre. C’est un danger immédiat ; il est très réel et vous pouvez y faire quelque chose.

Je veux vous rappeler que sans des gens comme vous qui ont pris position pour certaines choses, nous n’aurions pas de forêts nationales, de séquoias, il n’y aurait pas d’animaux et autres diverses formes de vie, il n’y aurait pas le Parc de Yellowstone et beaucoup plus d’espèces auraient totalement disparu.
Donc, prendre position FAIT la différence. Prier le Créateur pour demander de l’aide et remercier le Créateur pour ce que nous avons est important, mais ce qui est vraiment plus important, c’est de démontrer cette foi et cette croyance. Vous la démontrez en protégeant et respectant cette nature et cette Terre qui nous a été donnée pour y vivre. Ce que vous êtes n’est pas défini par ce que vous faites quand tout est en équilibre, ce que vous êtes est défini par ce que vous faites quand vous faites face au déséquilibre, quand vous faites face à un défi qui exige un sacrifice ou quelque force intrinsèque, qu’on appelle le courage. C’EST ce qui vous définit.

Je ne suis pas dans cette prison pour avoir fait quoique ce soit de mal. Je suis dans cette prison parce que j’appartenais à un peuple qui a essayé de réparer un tort. Je suis dans cette prison comme affirmation des forces gouvernementales contrôlées par les grandes entreprises qui veulent nous signifier : « Abandonnez vos ressources, abandonnez votre liberté, ne nous résistez pas ». C’est le message qu’ils diffusent en me gardant ici.

Je veux vous le dire sincèrement, ce n’est pas facile d’être ici. C’est un endroit épouvantable, mais quand j’ai choisi de répondre à l’appel avec d’autres Autochtones, beaucoup d’entre nous ont fait le serment de résister jusqu’à la mort si nécessaire. Certains se sont fait tirer dessus et ont été tués, leurs vies ont été ravies immédiatement. Ma vie m’est ravie jour par jour. Mais si je devais le refaire, je choisirais encore de résister pour mon peuple et votre peuple et nos générations futures, pour protéger nos libertés et notre Mère la Terre, et en faisant cela, je suis honoré de ce que vous vous souveniez de moi. Je veux vous remercier de vous souvenir, de moi et de tous les autres avant moi, et de ceux qui maintenant font la même chose et savent qu’il y en aura d’autres dans l’avenir.

Je ne peux pas vous dire que ces choix vous ferons toujours vous sentir bien, je ne peux pas vous dire que ces choix ne feront pas souffrir ou ne causeront pas des moment de dépression ou de chagrin, mais je peux vous dire qu’il y a une proximité avec le Créateur qui ne ressemble à aucun des sentiments agréables que vous pourriez connaître où que ce soit ailleurs, une proximité avec le Créateur que personne ne peut vous retirer et qui fait que tout vaut la peine. Je dis ces choses en ce moment parce que je reçois beaucoup de lettres et de communications maintenant, de groupes dans tout le pays qui sont confrontés à des crises dans leurs organisations en essayant de mettre un terme à ces pollutions et destructions. Comme par le passé, je veux vous encourager à faire de votre mieux, à réparer ce qui est mal et à protéger ce que nous avons et regagner ce que nous avons perdu.
Je veux vous remercier pour votre soutien et je veux que vous sachiez que tant que je serai sur cette terre et aurai la possibilité de dire quelque chose, moi-même et ce comité ferons du mieux possible pour toujours faire ce qui est juste.

Dans l’Esprit de Crazy Horse

Sincèrement,

Leonard Peltier -
Mitakuye Oyasin

Sources : International Leonard Peltier Defense Committee (ILPDC)

 APPEL AUX COMMUNES DE BRETAGNE

Léonard Peltier est aujourd’hui le plus ancien prisonnier politique de la planète. Il tient cette position depuis la sortie de prison de Nelson Mandela. Ce dernier avait, à juste raison, reçu un formidable soutien mondial. Des chefs d’états s’indignaient tour à tour, mettant du doigt l’apartheid et le gouvernement Sud de l’époque mis au banc des nations. Nelson Mandela a été libéré, l’apartheid supprimé et déposé dans l’armoire à souvenir des infamies de l’humanité.

Si la situation du leader de l’ANC a soulevé des gouvernements et amenés soutien qui déboucha sur sa libération, pourquoi n’en est-il pas de même pour Léonard Peltier ? Qui aujourd’hui connaît cet homme et sa situation ? Ce décalage de notoriété est-il du à sa nationalité. Léonard Peltier est un Sioux Lakota. Est-ce parce que sa lutte, qui est celle de nombres nations amérindiennes au nord comme au Sud pose problème, qu’elle nous oblige à regarder des crimes perpétrés depuis plus de cinq siècles ? Est-ce parce que le plus ancien prisonnier politique n’est incarcéré ni en Chine, ni en Birmanie, ni en Syrie mais bien de le pays dit des Libertés, aux Etats Unis ?

L’association Ingalañ, en accord avec le Comité de Soutien de Léonard Peltier, s’est donné comme objectif qu’en Bretagne, l’injustice que subie le militant de l’American Indian Movement faire connaître et depuis … soit connue et reconnue.

Le 27 juin de cette année à l’occasion du festival Mamm Douar où était présent David Hill, directeur du Comité de Soutien, nous avons lancé la campagne Frankiz evit Léonard Peltier. Dans ce cadre, nous interpellons les communes et villes de Bretagne afin de les informer sur la situation de ce résistant amérindien et de leur proposer de donner son nom à une rue, une place, une école, une salle communale.
Les événements à venir organisés par Ingalañ seront, en plus des thèmes pour lesquels ils seront montés, dédiés à Léonard, ceci jusque sa libération.

 Urgent ! Leonard Peltier

Action urgente ! Problèmes de santé du prisonnier politique amérindien, Leonard Peltier

Plus d’infos ici

Accueil > Solidarités > Résistances indigènes > FREE LEONARD PELTIER !
SPIP | squelette | | Mentions légales | Crédits | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0