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Conférences débats avec René Billaz et Marc Dufumier

Afrique de l’ouest : non assistance à société en danger

vendredi 14 février 2014, par Ingalañ Auray

FACE À UNE SITUATION D’URGENCE...

Le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), sur son site dédié à ses activités en Afrique de l’Ouest et Occidentale, s’exprime ainsi :

La dégradation des terres a atteint des niveaux alarmants. Près de 50 % des terres arables souffrent à des degrés divers de l’érosion des sols et de la baisse de fertilité (matière organique du sol, disponibilité de nutriments, activité biologique).
La dégradation des sols tropicaux est typiquement un insidieux problème environnemental dont les effets à long terme sont énormes : deux-tiers des terres cultivées d’Afrique pourraient effectivement devenir improductives vers 2025.

Préalablement le FAO annonçait :

En 2050, le Monde aura besoin de 70 % de nourriture en plus. [ ] ... les terres arables devront augmenter d’environ 120 millions d’hectares dans les pays en développement, principalement en Afrique subsaharienne et en Amérique latine.
Rome, 23 septembre

Et la Banque Mondiale de conclure :

En Afrique, la situation est particulièrement complexe. À la dégradation des sols s’ajoute le fait que la plupart des petits exploitants que compte le continent n’ont pas les moyens d’acheter des engrais. Or, pour parvenir à éviter des famines de grande ampleur, l’Afrique doit multiplier par deux sa production alimentaire d’ici 2050.
Washington, le 18 mars 2013

Lorsque l’on superpose ces informations, confirmées par divers rapports, un avenir sombre est pressenti dans les dix à venir.
L’Afrique de l’Ouest se trouve en première ligne d’un défit posé à l’humanité entière. Aux problèmes environnementaux et climatiques s’ajoute une explosion démographique. Pour exemple, la population du Burkina Faso double tous les 25 ans. De 3 millions en 1950, le pays compte aujourd’hui 16 millions d’habitants et dépassera les 35 millions en 2050.

... DES SOLUTIONS EXISTENT.

Dans un rapport rendu en mars 2011, le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation Olivier de Schutter, annonce :

_ […] Si nous voulons nourrir 9 milliards de personnes en 2050, il est urgent d’adopter les techniques agricoles les plus efficaces. […]
[…] Et les preuves scientifiques actuelles démontrent que les méthodes agroécologiques sont plus efficaces que le recours aux engrais chimiques pour stimuler la production alimentaire dans les régions difficiles où se concentre la faim. […]
[…] À ce jour, les projets agroécologiques menés dans 57 pays en développement ont entraîné une augmentation de rendement moyenne de 80% pour les récoltes, avec un gain moyen de 116% pour tous les projets menés en Afrique. […]
[…] L’agriculture conventionnelle accélère le changement climatique, repose sur des intrants coûteux et n’est pas résiliente aux chocs climatiques. Elle n’est tout simplement plus le meilleur choix pour l’avenir. […]
[…] L’agroécologie est au contraire reconnue par un nombre croissant d’experts pour son impact positif en termes de production alimentaire, de réduction de la pauvreté et d’atténuation du changement climatique. […].

Le cataclysme humanitaire annoncé n’est donc pas une fatalité. Il sera par contre inéluctable sans une mobilisation exceptionnelle. Des solutions sont avancées, des expériences et des mises en application ont eu lieu, d’autres sont en cours menés par des ONG, des organisations paysannes, suivies par des agronomes.
Aujourd’hui, si des prises de conscience existent au sein des grandes instances mondiales, si de bonnes intentions semblent s’y manifester, force est de constater que les intérêts du marché priment et pèsent fortement sur des décisions à prendre. C’est alors à la société civile de réagir, d’elle que pourra s’amorcer un mouvement à la hauteur des enjeux.
Les deux conférences débats des 20 et 21 février s’inscrivent dans un objectif d’informer le public, les collectivités, les acteurs économiques et autres organisations à même d’agir sur cette situation d’urgence.

LES INTERVENANTS

René Billaz est ingénieur agronome (INA-PG), spécialisé en agronomie tropicale, et docteur ingénieur en physiologie végétale. Il a été directeur scientifique du Cirad au moment de sa création (de 1982 à 1988). Depuis 1998, il a collaboré à Agropolis Museum de Montpellier et avec plusieurs ONG parmi lesquelles Agronomes et Vétérinaires Sans Frontière dont il a été président entre 2004 et 2012.
Spécialiste de la zone sahélienne, scientifique et homme de terrain, il mène depuis 2003 des activités de recherche et développement dans les zones sub- arides du Burkina Faso.

Vidéo :
Développement, emploi et migration en milieu rural
Bibliographie :
Enquêtes en milieu rural sahélien R. Billaz Y. Diawara
La décentralisation en Afrique de l’Ouest : Entre politique et développement Marc Totté, Tarik Dahou, René Billaz

Marc Dufumier est un agronome et enseignant-chercheur professeur émérite en agriculture comparée et développement agricole à AgroParisTech qu’il a dirigée de 2002 à sa retraite en 2011.
Il a été impliqué dans la formulation, la mise en œuvre et l’évaluation de nombreux projets et programmes de développement agricole, en France comme à l’étranger, notamment dans des pays du Sud en Asie, en Amérique Centrale et du Sud, en Afrique dont l’Afrique de l’Ouest.
Partisan d’une application stricte du principe de précaution en ce qui concerne la culture de plantes transgéniques OGM, Marc Dufumier compte parmi les principaux promoteurs de l’agroécologie. Il est auteur de nombreux ouvrages dont :

  • Famine au sud, malbouffe au Nord : comment le bio peut nous sauver
  • Agricultures africaines et marché mondial
  • Agricultures et paysanneries des tiers mondes
  • Les projets de développement agricole, manuel d’expertise

Vidéo : Famine au Sud, malbouffe au Nord

LES CONFÉRENCES

Rennes, le 20 février

Espace conférence Georges Brand
Chambre des Métiers et de l’Artisan (1)
2 Cour des Alliés.
Bus et Métro : Station Charles De Gaulle

Accueil à partir de 20h, début de la conférence à 20h30
260 places – Renseignements et réservations possibles à cette adresse :
bro.roazhon@ingalan.org
Entrée gratuite

St Nolff, le 21 février

Salle Kervel
Place Mayeul

Accueil à partir de 20h, début de la conférence à 20h30
200 places – Renseignements et réservations possible à cette adresse :
ingalanbrogwened@gmail.com
Entrée gratuite

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