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Commerce équitable local et International.
Luttes et alternatives sociales et écologiques
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Commerce équitable local

mercredi 7 juillet 2010, par Ingalañ

Le commerce équitable doit-il se limiter à des relation Sud / Nord ? Depuis août 2005, la loi française le dit. Toute prétention d’une activité équitable doit être validée par un Commission Nationale du Commerce Equitable qui exclura d’office toute activité locale, agricole, artisanale, de distribution direct en circuit court. Qu’une transnationale construite sur l’exploitation des paysan(ne)s du Sud, pratiquant des expériences sur les animaux, s’impliquant corps et âme dans le développement mondial des OGMs, agite une patte blanche avec un dessert à la vanille équitable ne pose par contre pas de problème à la dite Commission.

Les débats fusent, montrant les paradoxes d’une démarche qui, si elle part souvent de bonnes intentions, n’est pas exempte d’effets secondaires, voir de récupération. Et certains acteurs du commerce équitable de dire aujourd’hui qu’une partie de la démarche a glissé vers le commerce de bonne conscience. Cette dérive est plus facile lors qu’il s’agit de filières lointaines. Appliquer et démontrer l’équité à sa porte serait-il plus compliqué ?

Que font pourtant des producteurs et productrices réunies avec des consommateurs et consommatrices au sein d’une AMAP si ce n’est développer des relations équitables impliquant reconnaissance et respect mutuels ? Sur cet exemple, plus besoin d’ailleurs certifications, le lien direct étant établi.
De même, la préservation d’un savoir, d’un geste d’artisan transmis localement de génération en génération, doit, lorsqu’il est confronté à une société de surconsommation, pouvoir revendiquer une démarche solidaire, responsable et équitable.

Le terme « commerce équitable » commence à se faire connaître et à intéresser de plus en plus de monde. Si l’on doit s’en réjouir, cela ne doit pas se faire sans un minimum de recul et de prudence. Longtemps contenu dans des niches militantes, le commerce équitable a fait son apparition en grande distribution fin des années 90. Aujourd’hui, 80 % des produits alimentaires biologiques et/ou équitables passe par ses temples de la consommation.

Pourtant, le commerce équitable a, parmi ses principes fondamentaux :

  • le respect des producteurs et des productrices, de leur travail par une rémunération juste leurs permettant de subvenir dignement à leurs besoins,
  • l’invitation des consommateurs à une consommation réfléchie, à un comportement responsable.

Or, les grands groupes de la grande distribution ont comme principales pratiques de faire pression sur leurs fournisseurs, en l’occurrence les producteurs locaux, en utilisant des méthodes draconiennes, enseignées en écoles, et ce pour obtenir les prix les plus bas. « La vie pas chère » les « consommons autrement, consommons moins cher » ne sont évidemment pas à leur frais. De plus, la grande distribution manipule le consommateur du mieux qu’elle peut par des techniques publicitaires et autres méthodes poussant à consommer le plus possible. Nous estimons par ailleurs que soutenir les producteurs situés à plusieurs milliers de kilomètres sans prendre en considération la situation et l’avenir critique des paysan-ne-s et artisan-ne-s locaux amène la démarche du commerce équitable vers un avenir bancal. Il est pour nous évident que les situations des paysan-ne-s de par le Monde sont liées et indissociables. C’est pourquoi :

  • Nous dénonçons la récupération du commerce équitable par la grande distribution et les transnationales telles que Nestlé, Unilever, ..., dont la principale motivation est d’améliorer leurs images en pratiquant un marketing humanitaire.
  • Nous militons pour reconnaissance d’un commerce équitable local comme international et pour son développement hors des circuits de la grande distribution.
  • Nous soutenons et nous investissons pour le développement des circuits cours et des modes de consommations basés sur la solidarité et les fonctionnement collectifs (AMAP, G.A.S.E, etc.)
  • Nous soutenons les organisations syndicales et associatives pour le maintient d’une agriculture paysanne.
  • Nous dénonçons l’article 60 de la loi n° 2005-882 du 2 août 2005, limitant le commerce équitable à des filières Nord / Sud.
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