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Burkina, histoire d'une lutte

dimanche 21 février 2016, par Ingalañ

Il y 10 ans, des organisations de la société civile bukinabè ont amorcé la résistance à l’intrusion des OGM dans leur pays par le coton BT. Cette lutte s’est intensifiée début 2015 par la création du Collectif Citoyen pour l’Agro-Ecologie (CCAE).

Le CCAE a pu faire de la question OGM un débat national, il a pu signaler les desseins de Monsanto au Burkina Faso et en Afrique au niveau international. Dans la continuité de cette lutte, le Collectif Citoyen pour l’Agro-Ecologie invite les résistances de tous pays à venir au Burkina Faso pour s’informer mutuellement et faire bloc pour une convergence des luttes contre les OGM et pour la souveraineté alimentaire.

Créé en mars 2015, le collectif a enclenché des actions pour intensifier la résistance en commençant par l’organisation de la Marche contre Monsanto pour la Souveraineté Alimentaire du 23 mai 2015. Les 22, 23 et 24 avril, il organisa les Rencontres Internationales des Résistances aux OGM pour une convergenve des luttes au Burkina, en Afrique et dans le Monde.

 Historique d’une lutte

Monsanto a choisi le Burkina Faso comme porte d’entrée Ouest dans sa stratégie de conquête du continent africain. Le pays des Hommes intègres est à la une des médias depuis quelques temps. Insurrection populaire, tentative de coup d’état, attaques terroristes, des mauvaises langues diront que les burkinabè font tout pour se faire remarquer. D’autres diront qu’une porte d’espoir c’est ouverte en Afrique que certains voudrait voir se refermer. Depuis fin octobre 2014, la société civile et une partie du peuple burkinabè sont debout sans envie aucune de s’assoir.

Pleinement intégrée dans cette dynamique, des organisations de la société civile impliquées sur des thématiques écologiques, paysannes et de la souveraineté alimentaire ont pris ce vent portant pour accentuer une lutte déjà engagée depuis plusieurs années, la lutte de celles et ceux qui disent non aux OGM et qui entendent faire échec aux projets du géant Monsanto.

2001, Compaoré négocie les OGM

Blaise Compaoré est epinglé dans les guerres du Libéria, du Sierra Léone et d’Angola. Le Burkina Faso est inscrit dans “l’axe du mal” de Georges W Bush. Compaoré fait un deal politique avec les USA pour éviter des sanctions économiques. Il devient entre autre pro OGM, est de nouveau fréquentable et le Burkina sort de l’axe du mal.

2003, Présence d’OGM au Burkina Faso.

La présence d’OGM introduits clandestinement dans le pays en 2001 est officiellement confirmée en 2003. Monsanto conclu un accord avec la recherche publique du Burkina Faso pour transformer génétiquement les semences locales de coton et les rendre résistantes aux insectes.

 2007, première marche contre les OGM au Burkina Faso

La société civile réagit par l’organisation d’une marche de protestation contre l’introduction des cultures transgéniques au Burkina Faso à Ouagadougou à l’occasion de laquelle une déclaration et une demande de moratoire sont remises au Gouvernement. Cette marche est notamment organisée par la COPAGEN Burkina Faso et le syndicat paysan SYNTAP.

2008, le coton OGM BT entre dans les champs

La première distribution de semence de coton BT se fait à l’occasion de la campagne 2008, ceci sans information préalable auprès des producteurs. En 2009, le coton OGM occupe 85 % des parcelles cotonnières. Après 20 ans de bonne progression, la production de coton biologique est en chute libre.

 30 et 31 Octobre 2014, insurrection populaire.

Alors que Blaise Compaoré tente d’imposer un changement de constitution, la rue se soulève. En 2 jours l’insurrection populaire met le pouvoir à bas et Blaise Compaoré en fuite après 27 ans de pouvoir. Début novembre, la période de transition commence.

 7 décembre 2014, le coton BT ne passe plus

Lors d’un séminaire organisé en raison du mécontentement des paysans, Monsanto et l’INERA reconnaissent les “problèmes” que rencontre le coton BT. Baisse de qualité de la fibre, perte de revenu pour les producteurs. En “contre partie”, Monsanto annonce l’ajout prochain d’un gène qui rendrait la plante résistante au glyphosate, principale molécule du produit phare de la firme, l’herbicide Roundup. Dans la foulée, l’arrivée du maïs OGM est également annoncée pour 2015. Le niébé et le sorgho OGM sont dans les tiroirs.

4 mars 2015, création du CCAE

Devant les annonces de Monsanto et de ses complices, des acteurs de la société civile s’organisent pour bloquer les projets de la multinationale. Début mars, le Collectif Citoyen pour l’Agro-Ecologie est créé.
23 mai 2015, Marche contre Monsanto pour la Souveraineté Alimentaire
Le Burkina s’inscrit dans la dynamique mondiale des marches contre Monsanto. Le mot d’ordre est simple : “Monsanto dégage !!”.
La marche a 3 objectifs : porter le débat sur les OGM au niveau national, constituer une force pour s’opposer à Monsanto, signaler le problème OGM du Burkina au niveau international. Le 23 mai la Marche contre Monsanto pour la Souveraineté Alimentaire à lieu à Ouagadougou, connectée à la marche de Rennes (Bretagne) et réunit 1500 personnes. Les 3 objectifs sont pleinement atteints.

3 septembre 2015, le CCAE organise le FAC à Ouagadougou

Le Forum d’Action Citoyenne mobilise 35 organisations de la société civile face aux partis politiques candidats aux élections présentielles et aux communautés religieuses. il s’agissait d’amener les partis en course pour le pouvoir à prendre position sur les OGM et la Souveraineté Alimentaire. Il s’agissait également de dire qu’après les élections, le problème restera posé. A cette occasion, le CCAE lance l’initiative des Journées Mondiales pour la Souveraineté Alimentaire.

 13, 14 et 15 novembre 2015 1ère JMSAP

Durant la tentative de putsch de septembre, les JMSA deviennent les Journées Mondiales pour la Souveraineté Alimentaire et Populaire.
Au Burkina, elles ont lieu à Ouagadougou, à Bobo Dioulasso, à Bingo et Koubri. Les premières JMSAP seront relayées en Europe, en Amérique du Sud et du Nord. Le CCAE annonce l’organisation des Rencontres Internationales des Résistances aux OGM à Ouagadougou pour 2016.

17,18,19 décembre 2015, états généraux des Organisations de la Société Civile

A l’occasion des états généraux de Dori, les organisations de la société civile font cinq recommandations dont celle d’un moratoire de 10 ans sur l’utilisation des OGM au Burkina Faso

Janvier 2016, une gifle pour Monsanto ...

Les compagnies cotonnières prévoient de réduire les surfaces cultivées de coton Bt de 53 % en 2015/2016 à 30% en 2016/2017, avec comme objectif d’atteindre un retour complet au coton non-OGM à temps pour la saison 2017/2018. Elles réclament aussi 280 millions de dollars de compensation à Monsanto, en contre partie des pertes dues à la baisse de qualité depuis 2010. Pour qui les 280 millions ? Pour les paysans ? Quid des recherches actuelles et bien avancées sur le niébé, le sorgho ?
Les 1,5 milliards de FCFA versés par Monsato à l’INERA Burkina pour des recherches sur le maïs finiront-ils en pop corns ?

... mais la lutte n’est pas fini.

Pour que Monsanto subisse un véritable échec en Afrique, pour une convergence des luttes contre les OGM, pour la Souveraineté Alimentaire dans le monde,

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